Trophées des NAM : Et les lauréats sont…
Trophées des NAM : Et les lauréats sont…
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©armenews.com

Le 14 janvier au soir, une quarantaine de personnes s’est réunie dans les locaux de l’UGAB rue de Courcelles pour assister à la remise des Trophées littéraires des Nouvelles d’Arménie. Après une introduction d’Ara Toranian sur l’origine de ces Trophées, il a rappelé qu’en réalité, il n’y avait hier soir « ni gagnant ni perdant » car il s’agissait avant tout de mettre les livres sur l’Arménie ou écrits par des auteurs arméniens en valeur. Ce que NAM et armenews.com faisaient en parlant de ces œuvres pendant plusieurs mois. « C’est notre quote-part à l’intérêt commun », a-t-il souligné.

Après cette introduction, l’annonce du nom des gagnants a été faite par les membres du jury. La soirée s’est poursuivie avec un cocktail.


Lauréat dans la catégorie BD : Plouhéran de Isabel del Réal
C’est Laurent Mélikian qui s’est chargé cette année de présenter les trois ouvrages en lice. La lauréate qui habite en Bretagne et est repartie à la découverte du monde n’a pu venir chercher son trophées et c’est donc son éditrice, Leslie Perreault, qui s’en est chargée.

Avec un Prix du jury accordé aux éditions Petit à Petit pour Nous sommes nos montagnes de Gorune Aprikian, Jean-Blaise Djian et Maria Riccio. « C’est dans cette collection qu’a été publié Une Histoire du Génocide des Arméniens — écrit par Jean-Blaise Djian, Gorune Aprikian et Kyung Eun Park à qui nous avions déjà décerné un Trophée des Nouvelles d’Arménie il y a deux ans, explique Laurent Mélikian.

Et en 2025, le très fort Nous sommes nos montagnes, à propos de l’artsakh est venu prolonger cet engagement éditorial.
Ces deux albums trouvent naturellement leur place partout : à la maison, en bibliothèque, en CDI, ou même en cadeau pour des familles arméniennes — ou non — qui souhaitent mieux comprendre cette histoire trop souvent méconnue.
Les occasions de vulgariser avec autant de clarté et de justesse un sujet aussi douloureux que celui-ci sont, hélas, rares. C’est pourquoi au moment où les éditions Petit à Petit traversent une période difficile dont elle saura se tirer nous en sommes certains que nous tenions à saluer tout particulièrement son équipe pour son exigence et sa fidélité à cette mission essentielle : transmettre. »

Lauréats dans la catégorie Romans : ex-aequo La maison de Tamam de Jean-Luc Sahagian et N’oublie pas notre Arménie de Yahia Belaskri.

Michel Marian a rappelé que le Prix a été très discuté dans cette catégorie car « nous avions trois très bons livres, a-t-il expliqué. Après d’âpres discussions, il a été décidé de remettre cette double récompense car il s’agit de deux ouvrages centraux dans les débats et les interrogations des Arméniens aujourd’hui. »

Lauréat dans la catégorie Biographies : La bibliothèque et le survivant de Boris Adjémian

« Les trois livres de cette catégorie étaient cette année sur la mémoire, dit Gorune Aprikian. On se dit à prioir que la lecture va être intense et que l’on ne devrait pas apprendre beaucoup de choses nouvelles. Mais les auteurs ont réussi à nous raconter encore bien des choses surprenantes. Ce sont trois ouvrages extrêmement poignants chacun à leur façon. »

Bien que non primé, Patrice Djololian avait tenu à assister à cette remise de Trophées. L’auteur de Survivre et renaître a rappelé que les ouvrages sur l’Arménie ou les Arméniens étaient peu répandus il y a encore quinze ans mais qu’aujourd’hui il s’agissait d’une littérature foisonnante. Celui reconnait d’emblée « ne pas être un écrivain » explique avoir voulu « raconter l’Histoire à travers des anecdotes et les nombreuses archives » dont des centaines de photos que son père, le photographe Araxe a réalisé tout au long de sa vie. Les revenus de son livre iront à des œuvres humanitaires.
Lauréat dans la catégorie Essai : Ce que la langue dit de Robert der Merguerian

C’est un duo qui s’est fait l’écho des enjeux disputés dans cette catégorie.

Frédéric Encel qui pour des raisons de météo est resté coincé dans le sud de la France n’a pu assister aux débats. « J’étais absent non pas par arménophobie, mais par neigeophobie », a-t-il lancé d’emblée. Commençant par le livre de Gérad Guerguérian, « le seul vrai essai, un ouvrage de référence qui peut servir à des chercheurs », tandis que celui d’Aram Mardirossian se classait plutôt dans les ouvrages «militants », il a reconnu que celui du lauréat aurait pu se retrouver dans divers catégories de ce prix. « Il s’agit mins d’un essai à proprement parlé que d’une somme érudite où se rejoignent la philosophie, la philologie, la sociologie etc. »

Gérard Malkassian est revenu, lui, sur les raisons qui ont finalement poussé les jurés à primer ce livre : « c’est le témoignage d’un parcours exceptionnel et un travail scientifique brillant. Il ne s’intérese pas seulement à l’arménien oriental et occidental, mais cet enseignant qui a crée la chaire d’arménien à l’université Aix-Marseille s’interroge également sur la transmission. Selon lui, la langue joue un rôle essentiel dans ce processus. »
Lauréat dans la catégorie Histoire : Partir ou rester de Anna Theodorides

Claire Mouradian a été très claire : « Nous aurions voulu trois prix ! », tant les ouvrages sont « différents» mais passionnants. Jean Cordelle, petit-fils d’un des officiers qui a procédé au sauvetage des Arméniens du Mousa Dagh, a entremêlé les archives de son aiëul avec un témoignage plus personnel. Astrig Atamian s’est intéressée, elle, à la mouvance communiste au sein de la diaspora qui a souvent représenté une minorité dans la communauté. Enfin, Anna Théodoridès a transformé sa thèse à l’EHESS en sociologie historique en un livre qui porte sur les pogroms de 1955 à Istanbul. « C’est un récit scientifique enrichi de nombreux témoignages personnels et de photos de Grecs qui a une forte résonance avec l’histoire des Arméniens », conclut l’historienne.

La soirée s’est achevée sur un cocktail.



Reportage photos Lydia Kasparian
