Selon une enquête, 40 % des Arméniens considèrent la Russie comme une menace politique, juste derrière l’Azerbaïdjan et la Turquie.

Selon une enquête, 40 % des Arméniens considèrent la Russie comme une menace politique

Une nouvelle enquête commandée par l’Institut républicain international (IRI) révèle que 40 % des Arméniens considèrent la Russie comme une menace politique, juste derrière l’Azerbaïdjan et la Turquie.

L’IRI a publié mardi les résultats de son sondage de décembre 2023.

L’enquête a révélé que 66 % des Arméniens estimaient que les relations de leur pays avec la France étaient très bonnes, suivie par l’Inde (49 %), l’Iran (30 %), les États-Unis (29 %) et l’Union européenne (25 %).

Les résultats ont montré que seulement 31% pensaient que les relations entre l’Arménie et la Russie étaient bonnes ou très bonnes, ce qui représente une forte baisse par rapport aux 87% rapportés dans l’enquête d’août 2018 de l’IRI.

Fabriquées avec brio

Les tensions entre Erevan et Moscou n’ont cessé de se détériorer depuis la fin de la deuxième guerre du Haut-Karabagh en 2020, l’Arménie ayant apparemment choisi de prendre ses distances avec son allié traditionnel et de chercher plutôt à resserrer ses liens de sécurité avec l’Occident.

Selon l’enquête, les Arméniens considèrent la France comme le partenaire politique le plus important de leur pays, 61 % d’entre eux la désignant comme tel, suivie par les États-Unis (56 %) et l’Iran (47 %).

L’enquête a également révélé que la France était considérée comme le partenaire le plus important de l’Arménie en matière de sécurité, avec 50 % des personnes interrogées, suivie de l’Iran et des États-Unis avec 46 % des personnes interrogées.
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La Russie, qui est depuis longtemps la principale source d’armes et d’armement de l’Arménie, ainsi qu’un membre important de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) à laquelle l’Arménie est partie, a obtenu 31 %.

L’enquête a révélé que les Arméniens considéraient la Turquie, la Russie et l’Azerbaïdjan non seulement comme des menaces politiques, mais aussi comme une menace économique pour leur pays, 54 %, 51 % et 50 % d’entre eux désignant ces pays respectivement.

Ces dernières années, Erevan a radicalement modifié la trajectoire de sa politique étrangère en direction de l’Occident, en renforçant ses liens diplomatiques et sécuritaires avec des pays tels que la France et, plus récemment, en annonçant son intérêt pour une candidature à l’adhésion à l’Union européenne.

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L’enquête a révélé que l’approbation de la politique étrangère de leur gouvernement par les Arméniens est passée de 36 % en mars 2023 à 45 % en décembre de la même année.

Interrogés sur les succès du gouvernement au cours des six derniers mois, 28 % des personnes interrogées ont déclaré que le gouvernement n’avait rien accompli, et 17 % ont répondu qu’ils considéraient le passage de l’Arménie à une politique étrangère « multi-vectorielle » comme le plus grand succès du pays, suivi par 14 % pour le retour des prisonniers de guerre détenus par l’Azerbaïdjan, et 10 % pour l’acquisition d’armes et d’armements.

Politiques intérieures et préoccupations

Sur le plan intérieur, seuls 17 % des Arméniens ont choisi le Premier ministre Nikol Pachinian comme l’homme politique le plus digne de confiance du pays, ce qui représente une légère augmentation par rapport aux 14 % des personnes interrogées lors de la précédente enquête de l’IRI en mars 2023. La majorité des personnes interrogées, soit 60 %, ont déclaré ne faire confiance à personne en politique.

L’enquête a également montré que 36% des personnes interrogées considèrent la gestion du conflit du Haut-Karabakh et la capitulation de la région comme le plus grand échec du gouvernement au cours des six derniers mois.

Cependant, 73 % des personnes interrogées sont très ou assez satisfaites de la manière dont Erevan a géré l’afflux de réfugiés du Haut-Karabakh. Les personnes insatisfaites ont cité le manque de logements, le manque d’informations, la distribution incorrecte et disproportionnée de l’aide et le chômage.

Parmi les institutions arméniennes, les forces armées ont reçu le taux d’approbation le plus élevé, 30 % d’entre elles se déclarant très satisfaites de leur travail. Le Parlement arménien affiche le taux d’insatisfaction le plus élevé (47 %).

Le nombre d’Arméniens louant le niveau de liberté d’expression dans le pays a diminué, 54 % d’entre eux déclarant qu’ils estimaient que la liberté d’expression s’améliorait, contre 73 % en août 2018.

L’enquête a été menée par téléphone par Breavis et a inclus 1 508 répondants. Sa marge d’erreur déclarée est de 2,5 %.

par capucine le jeudi 14 mars 2024
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Serge Tateossian Le 15/03/2024 Source : Armenews