Réflexion No 10 - La Morale

Réflexion No 10 - La Morale

La morale est ce qui nous distingue véritablement des animaux, dans la mesure où elle nous fixe des limites, des devoirs et des interdits. L’espèce humaine se sent investie du devoir de protéger sa survie, qui passe par celle des autres. Certains considèrent que la morale est subjective, recréée sans cesse par l’homme et sa société, d’autres pensent au contraire qu’elle est imposée par une volonté divine.


La morale pose problème aujourd’hui, à une époque où l’emporte le relativisme : « à chacun sa vérité », donc sa conception du bien … Or le principe même de morale requiert que l’on pose des fondements universels à une vie bonne et heureuse, où ne porte pas atteinte à son prochain. Une action n’a de valeur morale que si elle est accomplie par devoir. Si j’accomplis mon devoir de mauvaise grâce, par un respect formel des règles aux yeux des autres, mon action est « hypocrite ». Mon action n’est morale que si elle est universalisable, de bonne volonté et qu’elle respecte la personne comme une fin et non comme un moyen.


Il en est de même pour les actions de « charité » ou de « dons » où certains pensent qu’en donnant le receveur devient « débiteur ». Dans ce cas, ce n’est ni de la charité, ni de l’amitié. C’est un « investissement » intéressé et manipulateur.
Hélas, on voit de tels agissements dans le monde de certains entrepreneurs ou hommes politiques et parfois ils sont les deux et c’est ainsi qu’ils dirigent leur « microcosme ». (l’homme dans sa piètre petitesse).


Si on exclut toute exception à l’impératif catégorique, qui doit fonder la morale, le « tu dois », il n’en demeure pas moins que la rigidité de la morale tue la morale. Elle peut parfois susciter des conflits de devoirs qu’elle est impuissante à résoudre.


La morale ne nous protège pas de l’hypocrisie et de l’immoralité. Si le Bien répond au souci de l’autre, et à un respect pour soi-même, celle-ci ne peut occasionner le mal. Pourtant, il existe bien des manières de juger et de condamner un individu au nom de la morale…

Dans certaines religions la morale est fondée sur la décision de rendre l’Homme fautif et punissable. Une poignée d’homme faibles, sous le couvert de la loi, se vengent de leur médiocrité sur des hommes forts, qu’il s’agit de domestiquer, pour jouir du piètre pouvoir que la condamnation suscite…Les « parias » sont coupables d’avoir osé créer d’autres valeurs.

A propos de la morale, le dictionnaire nous dit qu’elle est la science du bien et du mal.

Serge Tateossian Evreux, le 09/06/2025