Le système d’assurance maladie universelle a été lancé sans opérateur intégré

Le système d’assurance maladie universelle a été lancé sans opérateur intégré

3 janvier 2026

par

La rédaction

Actualités

©armenews.com

2026

Bien que l’assurance maladie universelle ait officiellement été lancée hier, l’opérateur intégré chargé d’assurer le fonctionnement numérique complet du système n’existe toujours pas. Le ministère n’a annoncé l’appel d’offres à cette fin que 20 jours avant le lancement du système.

L’entreprise qui remportera l’appel d’offres devra prendre en charge la gestion et l’administration des données d’assurance, le traitement des demandes de prestations médicales, l’exécution des paiements, le contrôle des risques de fraude, la gestion des plateformes numériques destinées aux citoyens, entre autres missions. Toutes ces fonctions doivent être assurées de manière centralisée par un opérateur intégré unique.

La présidente de l’ONG « Expert indépendant », Tsaghik Vardanyan, estime que cette situation pourrait engendrer de sérieux problèmes lors de la phase de mise en œuvre du système d’assurance.

« Il ne s’agit pas seulement de l’absence d’opérateur, souligne l’experte. Le système ne peut pas fonctionner sans ces composantes, de manière aussi improvisée. Même sur le plan technique, la présence d’un opérateur, le processus de conclusion des contrats, l’existence d’un fonds qui aurait déjà dû être créé — alors que nous savons très bien que son statut vient à peine d’être approuvé — sont indispensables. Pour créer et lancer la moindre organisation, il faut au minimum un mois et demi à deux mois. »

L’appel d’offres est ouvert aux organisations locales et étrangères, mais exige une expérience internationale ainsi qu’un système déjà opérationnel ayant assuré au moins un million de personnes.

« Nous savons parfaitement qu’il n’existe pas de tels opérateurs en République d’Arménie. Bien sûr, s’intégrer aux pratiques internationales est une bonne chose, mais disposer d’un opérateur national dans un système d’assurance aussi spécifique est bien plus important. Je ne me souviens d’aucun cas où les critères de telles organisations seraient fixés arbitrairement », a-t-elle déclaré.

Si le système fonctionne sans opérateur intégré, n’y aura-t-il pas des dysfonctionnements opérationnels, des problèmes de sécurité des données, des risques de fraude ou de fourniture désorganisée des services ? Le directeur du Fonds d’assurance maladie universelle, Samvel Kharazyan, affirme que les travaux préparatoires ont commencé dès 2019. Il soutient que la base réglementaire nécessaire à la mise en œuvre du système est en place et que le registre des assurés sera géré via le système ArMed. Selon lui, l’appel d’offres pour l’opérateur a été lancé car le modèle d’assurance arménien nécessite une vaste infrastructure numérique et qu’il est important d’impliquer des organisations internationales expérimentées.

« Que ce soit pour la gestion des dossiers, la détection et l’identification des cas de fraude, ou la mise en œuvre de certaines fonctions fondées sur l’intelligence artificielle au bénéfice des assurés, nous pensons qu’il faut s’engager sur la voie du développement. La nécessité de solutions numériques est aujourd’hui essentielle dans tous les secteurs, et nous estimons que l’application des meilleures pratiques internationales sera bénéfique à notre système, en y intégrant également des méthodes et des outils plus rentables », a-t-il déclaré.

ArMed, mentionné par Kharazyan, est une application mobile destinée aux citoyens. Elle permet l’enregistrement des assurés, l’obtention de certificats d’assurance, le dépôt de demandes de prestations et l’accès à d’autres services numériques. Autrement dit, ArMed n’est pas un opérateur.

Ces derniers jours, dans des groupes Facebook fermés — notamment fréquentés par des comptables — l’une des questions les plus débattues concerne la gestion des milliards de drams déjà collectés, alors que le Fonds d’assurance maladie universelle n’est pas encore pleinement constitué et que sa structure n’a pas été approuvée.

Tsaghik Vardanyan, tout en soulignant l’importance de la mise en place du système d’assurance, y voit certains risques :
« Que va-t-il se passer alors que ces composantes ne fonctionnent pas encore ? Nous n’avons pas de registre, les organisations ne savent pas clairement quoi faire ni comment le faire. Si, jusqu’au 31 décembre 2025, personne ne connaît les tarifs des prestations, si l’on ne parle que d’un nombre très limité de services, ce sont certes des problèmes techniques, mais ce sont précisément les bases techniques minimales sur lesquelles le mécanisme doit commencer à fonctionner de manière correcte et claire. Si nous démarrons de façon incomplète, bancale, “de travers”, le système continuera à fonctionner “de travers”, comme cela a été le cas pour le financement public des soins. »

Samvel Kharazyan rappelle que, après de nombreuses modifications, la loi sur le Fonds a été adoptée et que le reste sera organisé très rapidement. Il assure toutefois que les fonds seront gérés de manière appropriée et qu’ils seront pour l’instant transférés sur un compte du Trésor public.

Le ministère de la Santé a annoncé l’appel d’offres pour l’opérateur intégré le 12 décembre. Selon les documents publiés dans le système de passation des marchés du ministère des Finances, la phase de préqualification devait s’achever 17 jours plus tard, le 29 décembre, après quoi les candidats autorisés à participer à la phase suivante devaient être sélectionnés. Quatre jours se sont écoulés depuis cette échéance.

On ignore toujours si les organisations candidates appelées à concourir pour la gestion des services d’opérateur du système d’assurance ont déjà été sélectionnées : le ministère de la Santé n’a pas répondu à nos appels, la journée n’étant pas ouvrée.

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Serge Tateossian Evreux - Le 04/01/2026 Source : Armenews