Institut LEMKIN : Les propos de Pashinian sur le génocide suscitent de nouvelles condamnations

Les propos de Pashinian sur le génocide suscitent de nouvelles condamnations

31 janvier 2025

par

La rédaction

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2025

L’Institut Lemkin pour la prévention du génocide, un groupe de réflexion juridique américain, s’est joint jeudi aux critiques internes du Premier ministre Nikol Pashinian en l’accusant d’aider la Turquie à nier le génocide arménien de 1915.
M. Pashinian fait face à de telles accusations après avoir remis en question, à la fin de la semaine dernière, la campagne arménienne de plusieurs décennies en faveur de la reconnaissance internationale du génocide.
« Nous devons comprendre ce qui s’est passé et pourquoi cela s’est passé, comment nous l’avons perçu et à travers qui nous l’avons perçu. Comment se fait-il qu’en 1939, il n’y ait pas eu de programme de reconnaissance du génocide arménien et comment se fait-il qu’en 1950, le programme de reconnaissance du génocide arménien ait vu le jour », a-t-il déclaré à un groupe d’Arméniens de la diaspora lors d’une visite en Suisse.

Des historiens arméniens, des personnalités de l’opposition et des diplomates à la retraite ont exprimé leur indignation face à ces propos, estimant qu’ils mettaient en doute le fait que le massacre, pendant la Première Guerre mondiale, de quelque 1,5 million d’Arméniens sujets de l’Empire ottoman constituait un génocide. M. Pashinian n’a toujours pas réagi à ce tollé, laissant à ses alliés politiques le soin d’affirmer qu’il n’a ni remis en question ni nié le génocide reconnu par plus de trois douzaines de nations, dont les États-Unis.
Dans une déclaration, l’Institut Lemkin a accusé le premier ministre arménien « d’avoir semblé mettre en doute le récit historique établi du génocide arménien de 1915 » et de « soutenir une fois de plus les récits négationnistes turcs et azerbaïdjanais ».

« En laissant entendre que les questions fondamentales sur le génocide arménien, telles que ‘ce qui s’est passé et pourquoi cela s’est passé’, n’ont pas encore reçu de réponse adéquate, la déclaration de M. Pashinian vise à remettre en question le génocide arménien en tant que fait historique établi », indique le rapport. « Or, ces questions fondamentales sont à l’origine de la recherche historique sur le génocide arménien depuis plus d’un siècle.

Même Raphael Lemkin, l’homme qui a inventé le terme « génocide » pendant la Seconde Guerre mondiale, a étudié le cas des Arméniens et l’a utilisé comme base pour développer son concept de génocide dans les années 1920 et 1930. Bien qu’il y ait des divergences entre les spécialistes sur certains détails et interprétations, le récit de base, le pourquoi et le comment, ne sont pas remis en question ».

« L’absence de reconnaissance officielle du génocide en 1939 n’est pas due au fait que l’événement lui-même n’était pas clair ou inconnu, mais au fait que le cadre juridique, conceptuel et institutionnel permettant de décrire et de traiter pleinement de telles atrocités n’existait pas encore. Hitler lui-même connaissait l’ampleur de l’horreur du génocide arménien, le comparant à ses projets d’expansion vers l’Est », ajoute la déclaration.

M. Pashinian s’est également attiré les foudres de certains groupes de la diaspora arménienne qui font depuis longtemps pression sur les gouvernements occidentaux pour qu’ils reconnaissent le génocide. Une coalition d’organisations helvético-arméniennes, la CAAS, s’est déclarée « profondément préoccupée » par les propos de M. Pashinian jeudi, estimant qu’ils « portent atteinte à la mémoire du génocide arménien ». L’ANC-International, organe de lobbying mondial de la Fédération révolutionnaire arménienne (Dashnaktsutyun), est allé plus loin en accusant M. Pashinian de « négation pure et simple du génocide ».

L’Institut Lemkin, qui regroupe des spécialistes américains et autres du génocide, avait déjà condamné M. Pashinian pour sa déclaration à l’occasion du 109e anniversaire du génocide, commémoré en avril 2024. Dans cette déclaration, le premier ministre n’appelait plus à une reconnaissance internationale plus large et mettait l’accent sur l’expression arménienne « Meds Yeghern » (Grand crime), plutôt que sur le mot « génocide ».

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Serge Tateossian Evreux Le 01/02/2025 Source : Armenews